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Crèches en grève : "L'enfant n'est pas une marchandise", L'express, 11.03.2010 - Association [Les Papas = Les Mamans]

Crèches en grève : "L’enfant n’est pas une marchandise", L’express, 11.03.2010

jeudi 11 mars 2010
par Administration
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NDLR de LPLM : l’accueil des jeunes enfants est et restera problématique pour les parents tant que le gouvernement refusera de mettre en place une politique famililale démocratique. En effet, le choix laissé aux parents est un leurre, soit vous avez la chance d’avoir une place de crèche MAIS il faut que vos horaires professionnels correspondent aux horaires de la crèche, soit l’un des parents s’arrête de travailler (et comme les mères de familles sont moins rémunérées que les pères ce sont les mères qui s’y collent souvent à contre coeur, l’argent étant une donnée essentielle pour les familles moyennes sans parler des familles pauvres...). L’accueil des jeunes enfants doit donc être pris en compte dans la politique plus large de l’égalité homme/femme.

 

Signez la carte pétition "Pour améliorer et développer les modes d’accueil et la scolarisation des jeunes enfants",
désormais en ligne

L’Express.fr

Par Emilie Cailleau, publié le 11/03/2010

flickr/kelly sue

Les associations et syndicats, représentant les familles, les professionnels de la petite enfance et de l’Education nationale sont inquiètes de la politique du gouvernement.

Les associations et syndicats, représentant les familles, les professionnels de la petite enfance et de l’Education nationale sont inquiètes de la politique du gouvernement.

Des centaines de crèches font portes closes ce jeudi. A l’appel du collectif "Pas de bébés à la consigne", les professionnels de la petite enfance se mobilisent pour exiger un accueil de qualité pour les tout petits. Les explications de Christophe Harnois, du syndicat Unsa petite enfance.

Pourquoi manifestez-vous aujourd’hui ?

Journée nationale d’action

A 10h30, les associations et syndicats représentant les familles, les professionnels de la petite enfance et de l’Education nationale, sont attendus au métro Glacière, dans le 13e arrondissement de Paris, à l’appel du collectif "Pas de bébés à la consigne".

Nous sommes très inquiets de la politique du gouvernement vis-à-vis de la petite enfance. On assiste à un désengagement complet de l’Etat sur le secteur. On aura la preuve avec le projet de décret qui assouplit la réglementation sur l’accueil des tout petits dans les crèches.

Nous exigeons depuis un an du gouvernement qu’il retire ce décret. Mais plutôt que de dialoguer avec les professionnels de la petite enfance, le gouvernement préfère les mépriser.

"La petite enfance n'est pas un service comme un autre", gronde Christophe Harnois, du syndicat Unsa petite enfance.

Flickr/Philcampbell

"La petite enfance n’est pas un service comme un autre", gronde Christophe Harnois, du syndicat Unsa petite enfance.

Que reprochez-vous à ce projet de décret ?

Ce projet de décret abaisse de 50 à 40% le seuil de personnel "qualifié" (puéricultrices, éducateurs de jeunes enfants, auxiliaires de puériculture, infirmiers ou psychomotriciens) minimal obligatoire dans les établissements d’accueil des moins de 6 ans. Nous contestons cette révision à la baisse. Le gouvernement veut amoindrir la formation des personnels pour s’occuper de la petite enfance, et c’est inacceptable.

Par ailleurs, le taux d’enfants que la crèche peut accueillir en "surnombre", c’est-à-dire au-delà de sa capacité autorisée, peut aller jusqu’à 20% pour les crèches de plus de 40 places. Alors qu’aujourd’hui il était de 10% quel que soit le nombre de places dans l’établissement. Autrement dit, sur une crèche de 66 berceaux, on passe à 72 sans reculer les murs, avec moins de personnel qualifié et sans recruter.

Le gouvernement s’est fixé pour objectif de "doubler d’ici la fin de l’année" 2010 le nombre d’entreprises qui s’engagent dans la création ou le financement de places de crèches.

Dernier point, le gouvernement a l’intention de généraliser les jardins d’éveil, ces nouvelles solutions d’accueil prévues pour les 2-3 ans, sans toutefois en préciser le niveau d’encadrement. Il serait de 1 adulte pour 12 enfants alors qu’actuellement dans les crèches on compte un adulte pour 8 enfants. Cette solution n’est pas tenable.(NDLR de LPLM : Voir notre article)

Vous dénoncez un désengagement de l’Etat pour le secteur de la petite enfance. Il a pourtant annoncé la création de 10 000 places de crèches d’entreprise d’ici 2012...

Justement ce dispositif montre que l’Etat abandonne toutes les structures municipales et associatives respectueuses du rythme de l’enfant, de son éveil. Au lieu de ça, il met en place des structures privilégiant une vision rentable au détriment d’un accueil de qualité. Un bébé ça demande de la disponibilité, du temps, du travail d’équipe... Il faut sortir de cette logique rentable. Une entreprise ne peut pas s’occuper de la petite enfance avec une logique lucrative. La petite enfance n’est pas un service comme un autre. L’enfant n’est pas une marchandise, dont on se servirait pour faire des bénéfices. C’est pourquoi nous voulons que le secteur de la petite enfance soit protégé, comme doivent l’être la santé et l’éducation.

Des crèches libéralisées ?

Le PS a lancé une pétition appelant le gouvernement à refuser "la marchandisation de la petite enfance" et des services sociaux de crèches. Ils veulent que soit exclu le secteur de la petite enfance de la directive européenne des services de décembre 2006. Cette directive, dite Bolkestein, du nom de l’ancien Commissaire européen au marché intérieur, vise à libéraliser le marché européen des services et notamment le secteur de la petite enfance. Ce que conteste le collectif "Pas de bébés à la consigne".


Mobilisation contre le projet de décret assouplissant les modes de garde, Localtis.info, 3 mars 2010

La tension monte autour du projet de décret assouplissant les modalités d’encadrement des modes de garde. Le collectif "Pas de bébés à la consigne" - qui regroupe une quarantaine d’organisations syndicales ou d’associations spécialisées, dont le Collectif d’associations de directeurs et responsables d’établissement et services petite enfance, le Syndicat national des médecins de protection maternelle et infantile (SNPMI) ou la Fédération nationale des éducateurs de jeunes enfants - appelle ainsi à une manifestation nationale le 11 mars 2010.

La Fédération CGT des services publics et la CFDT Interco ont d’ailleurs déposé des préavis de grève pour ce même jour dans les établissements d’accueil de la petite enfance. Parti du métro Glacière (à proximité du siège de la défenseure des enfants), le cortège rejoindra les abords de Matignon, tandis qu’une délégation demandera à être reçue par un conseiller du Premier ministre.
Sous l’accroche générale "Ni sardines, ni à la consigne, les bébés doivent garder bonne mine !", le collectif exige le retrait du projet de décret sur l’accueil collectif et entend dire "non à la grande braderie des modes d’accueil, non aux modes ’discount’ de garde ’low cost’". Les signataires - qui ont déjà mal accepté l’intégration des structures d’accueil de la petite enfance dans le champ de la directive européenne Services (voir notre article ci-contre du 22 février 2010) - estiment que les mesures prévues par le projet de décret s’ajoutent à d’autres "régressions". Sont notamment citées la réduction de 60 à 30 heures du temps de formation initiale des assistantes maternelles agréées qui accueillent les enfants à leur domicile (les 30 heures restantes étant réalisées dans un second temps) ou encore la "suppression de milliers de postes d’enseignants et [la] fermeture de classes de tout-petits en école maternelle".

Le projet de décret a été soumis le 2 février au conseil d’administration de la Caisse nationale d’allocations familiales, qui a émis un avis largement favorable (22 voix pour, 7 voix contre, 2 abstentions et 3 "prises d’acte", selon les chiffres transmis par la Cnaf). Il est vrai qu’une première version du texte avait reçu un avis défavorable de la Cnaf en octobre dernier et que le gouvernement avait revu sa copie en conséquence. Le décret devrait être publié très prochainement, toute la question étant désormais de savoir s’il le sera avant le 11 mars.

Le texte prévoit plusieurs mesures assouplissant les règles qui encadrent les modes de garde collectifs, dans le prolongement des mesures récemment adoptées par le Parlement. Ainsi, il abaisse de 50% à 40% la proportion minimale obligatoire de personnel qualifié (puéricultrices, éducateurs de jeunes enfants, auxiliaires de puériculture, infirmiers ou psychomotriciens) dans les établissements d’accueil des enfants de moins de 6 ans. A l’inverse, il accroît la possibilité d’accueil en surnombre pour faire face à des pointes d’activité. Jusqu’à présent limité à 10% quelle que soit la taille de la structure, ce surnombre pourra être de 15% pour les établissements de 21 à 40 places autorisées et de 20% au-delà de 40 places. Le taux d’encadrement - toutes catégories de personnels confondues - d’un adulte pour cinq bébés ou pour huit enfants qui marchent est en revanche maintenu.

Pour le gouvernement, il s’agit à la fois de "répondre aux besoins des familles" et d’atteindre l’objectif présidentiel de 200.000 places supplémentaires d’accueil de la petite enfance à l’horizon 2012. Mais pour les syndicats et les associations spécialisées - sceptiques sur la réalisation de cet objectif -, toutes ces mesures d’assouplissement se feront au détriment des conditions d’accueil des enfants de moins de six ans.

 

Jean-Noël Escudié / PCA


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